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Bequia

Bequia [ˈbɛkweɪ] ist mit 18 km² die größte Insel der Grenadinen und Teil des Staates St. Vincent und die Grenadinen bpa free glass bottles. Der Name bedeutet „Insel der Wolken“ in der Sprache der Arawak, der Urbevölkerung.

Auf der Insel leben ca. 5.000 Einwohner. Diese sind überwiegend Nachkommen schwarzafrikanischer Sklaven. Es wird Englisch gesprochen.

Bequia liegt ca

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. 14 km südlich der Hauptinsel St. Vincent und etwa genauso weit nordwestlich von Mustique. Sie gehört zu den Grenadinen, die ihrerseits zu den Inseln über dem Winde und damit zu den Kleinen Antillen gehört. Sie liegt zwischen der Karibik und dem Atlantik.

Der Hauptort ist Port Elizabeth (839 Einwohner) an der Admiralty Bay auf der Westseite der Insel. Weitere Dörfer sind Paget Farm, Lower Bay, La Pompe, Hamilton und Derrick. Die höchste Erhebung (Pleasant Top) beträgt 268 m.

Bequia hat einen kleinen Flughafen, welcher von anderen Inseln der Region angeflogen wird, unter anderem von Barbados und St. Lucia stainless steel meat pounder.

Eine Fähre verkehrt regelmäßig zwischen dem Hauptort Port Elizabeth und der Hauptstadt von St. Vincent, Kingstown nathan stainless steel water bottle, sowie den übrigen bewohnten Inseln der Grenadinen.

Auf der Insel verkehren Kleinbusse als eine Art Busservice zwischen Port Elizabeth und den Orten auf dem Südteil der Insel, die gegen geringes Entgelt an jedem beliebigen Punkt halten.

Port Elizabeth ist ein beliebter Hafen für Yachten und Ausgangspunkt für Segeltörns in die Inselwelt der Grenadinen. Hier finden sich auch die meisten Hotels und Restaurants sowie Geschäfte mit allem, was Segler benötigen – von Lebensmitteln bis zu Seekarten und Bootszubehör.

Auf der anderen Seite der Insel bietet Friendship Bay ruhige Hotels, Bademöglichkeiten, und eine Tauchschule.

Seit den 1870ern bis weit ins 20. Jahrhundert hinein war der Walfang ein wichtiger Teil der lokalen Wirtschaft. Unter dem Internationalen Übereinkommen zur Regelung des Walfangs ist es den Bewohnern offiziell erlaubt, eine limitierte Anzahl Buckelwale auf traditionelle Art zu fangen, mit Harpunen von kleinen Booten aus sowie ausschließlich für den lokalen Verbrauch. Für die Jahre 2003–2007 waren vier Wale pro Jahr erlaubt Diese Zahlen sind in den letzten Jahren nie erreicht worden: In den 1990ern wurden insgesamt neun Buckelwale erlegt, in den Jahren 2000 bis 2002 noch zusammen vier.

Mit dem letzten Walfänger, Athneal Ollivierre, ist die Tradition möglicherweise gestorben. Es gibt heute noch das von Ollivierre errichtete Walfangmuseum sowie die Anlandestelle auf der vorgelagerten kleinen Insel Petit Nevis. Auf der inoffiziellen Flagge der Insel findet sich aufgrund dieser Tradition ein Wal.

Bajazet

Bajazet est une tragédie en cinq actes et en vers de Jean Racine. Elle est représentée pour la première fois en janvier 1672 au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne et publiée la même année. Septième pièce de son auteur, elle est la première à s’inspirer d’un épisode historique contemporain, un fratricide ordonné en 1635 par le sultan ottoman Mourad IV.

Avec Bajazet, Racine réactive la veine des pièces françaises à sujet turc et s’éloigne radicalement de l’esthétique moins sanglante de sa tragédie précédente, Bérénice, quoique les deux pièces mettent en scène le même conflit entre le pouvoir politique et les passions amoureuses. La violence et la complexité de l’intrigue sont de retour : après de nombreux revirements, la pièce se conclut par une « grande tuerie », selon la formule de Madame de Sévigné, dans l’atmosphère cloîtrée du sérail de Mourad IV, sultan ottoman de 1623 à 1640 et évoqué sous le nom d’Amurat dans la pièce. L’intrigue est centrée plus particulièrement sur l’un des frères du sultan, Bajazet : sous le coup d’un arrêt de mort prononcé par le sultan parti combattre les Perses, ce prince est en outre pris dans un triangle amoureux impliquant la sultane restée seule au palais impérial à Constantinople.

À sa création t shirt football team, la pièce remporte un grand succès qui se fait plus mesuré par la suite. Elle fait aujourd’hui partie des œuvres secondaires de Racine, moins jouées que Phèdre ou Andromaque mais pas aussi délaissées que La Thébaïde ou Alexandre le Grand.

Lorsque la pièce est montée en 1672, Racine s’est déjà construit une solide réputation. Sa troisième tragédie, Andromaque, a connu un grand succès auprès de la cour à peine cinq ans plus tôt, en novembre 1667. Fin 1670, sa Bérénice entre en concurrence directe avec Tite et Bérénice de Pierre Corneille, et Racine sort vainqueur de cette confrontation à en juger par le succès auprès du public. Ses revenus continuent de s’accroître ; Bérénice vient de lui rapporter environ 5000 livres. En outre, lorsqu’il fait imprimer Bajazet en février 1672, Racine se passe pour la première fois de toute dédicace à un personnage de la cour, signe qu’il y est déjà bien en faveur ; sa « réussite sociale et littéraire », résume Jean Rohou, lui permet « d’être sa propre garantie ».

Une menace, toutefois, plane sur le travail de Racine et du théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, auquel le dramaturge est intimement lié : Molière veut attirer à son théâtre du Palais-Royal le comédien Champmeslé et son épouse, qui vient de triompher quelques mois plus tôt dans le rôle-titre de Bérénice. Or, l’illustre acteur Floridor a tout juste pris sa retraite et Racine a besoin de garder les Champmeslé à l’Hôtel de Bourgogne ; malgré sa situation financière confortable, donc, l’auteur comprend qu’il ne peut « se reposer sur ses lauriers » et qu’il convient « d’offrir sans tarder de nouveaux rôles au couple vedette ».

L’année 1671 est en outre marquée par une grande effervescence dans le domaine des tragédies à machine et des créations musicales : c’est l’année de la tragédie-ballet Psyché de Molière, des Amours du Soleil de Donneau de Visé et du tout premier opéra en français, Pomone, œuvres qui rencontrent toutes un vif succès à Paris. Dans ce contexte, Racine choisit de s’éloigner du modèle de Bérénice, dont l’action était réduite à la plus grande simplicité et qui lui avait valu des accusations de stérilité. Pour répondre à ses détracteurs, il décide d’emprunter une nouvelle voie.

Racine a jusqu’ici puisé tous ses sujets de tragédie dans l’Antiquité — romaine dans Britannicus et Bérénice, grecque dans les autres. Il a suivi en cela une tradition française « devenue quasiment une règle à partir de 1653 ». Le choix d’un sujet contemporain turc avec Bajazet est donc une forme d’innovation dans la production théâtrale de Racine, une éventuelle source d’étonnement que l’auteur anticipe dans sa seconde préface de 1676 :

« Quelques lecteurs pourront s’étonner qu’on ait osé mettre sur la scène une histoire si récente, mais je n’ai rien vu dans les règles du poème dramatique, qui dût me détourner de mon entreprise. »

Si Racine se permet de mettre en scène un fratricide commis trois décennies plus tôt, c’est que la Turquie ottomane est à bien des égards très éloignée de la France du Grand Siècle, par sa situation géographique et par ses mœurs :

« L’éloignement des pays répare en quelque sorte la trop grande proximité des temps, car le peuple ne met guère de différence entre ce qui est, si j’ose ainsi parler, à mille ans de lui, et ce qui en est à mille lieues. C’est ce qui fait, par exemple, que les personnages turcs, quelque modernes qu’ils soient, ont de la dignité sur notre théâtre. On les regarde de bonne heure comme anciens. »

Pour compléter son argumentation, Racine convoque le souvenir d’Eschyle et de ses Perses, tragédie de 472 av. J.-C. qui met en scène des personnages contemporains de l’auteur comme le roi achéménide Xerxès Ier : les Persans sont aux Athéniens de l’Antiquité ce que les Turcs modernes sont aux Français du XVIIe siècle.

En outre, le choix d’un épisode de l’histoire ottomane sacrifie à la mode orientaliste des turqueries qui se développe en Europe du XVIe au XVIIIe siècles. Jean-Pierre Collinet rappelle que « l’Orient, mal connu, séduisait par là même les imaginations, intriguait, attirait, éveillait la curiosité » à l’époque de Bajazet. Quinze mois avant la création de la pièce, Le Bourgeois gentilhomme de Molière, servi par une musique de Lully, a lui aussi cédé à la mode turque avec la cérémonie burlesque organisée pour tromper Monsieur Jourdain.

Les gazettes des années 1670 et 1671 fourmillent plus que jamais de renseignements concernant l’Empire ottoman. Il faut dire que les échanges diplomatiques contribuent à mettre le monde turc au goût du jour : en 1669, le sultan Mehmed IV, neveu de Bajazet, envoie Soliman Aga à la cour de Louis XIV pour rétablir des liens avec la France, après une période de tensions marquée notamment par l’envoi d’un contingent français censé aider les Vénitiens contre les Ottomans au siège de Candie ; mais le représentant de la Sublime Porte se montre insensible au faste déployé par le roi pour le recevoir. Louis XIV aurait souhaité tirer vengeance de ce comportement en faisant moquer les Turcs dans la comédie-ballet du Bourgeois gentilhomme, mais aussi, selon Jean-François Solnon, dans la tragédie de Racine.

Bajazet « ne naît pas d’une commande royale » à proprement parler, mais le secrétaire du cabinet du roi Toussaint Rose aurait informé Racine que Louis XIV, « agacé par les arrogances et les manœuvres dilatoires ottomanes, ne [prendrait] pas mal une pièce qui met en scène des mœurs de harem assez peu flatteuses pour le Grand Turc ».

La pièce de Racine arrive en outre après « trois ou quatre décennies de turqueries représentées au théâtre », qui « n’avaient de turc que les noms des héros » et où « la cruauté des sultans ou les mystères du harem » suffisaient à créer une vague couleur locale. Racine n’est en effet pas le premier à faire une tragédie ou tragi-comédie sur un sujet ottoman : il a été précédé entre autres par Gabriel Bounin et sa Soltane en 1561, Jean de Mairet et son Grand Solyman de 1639, Georges de Scudéry avec Ibrahim en 1640, ou encore l’inconnu Desmares avec sa Roxelane de 1642-1643. Georges Forestier rappelle toutefois que la veine de la tragédie turque s’est interrompue une vingtaine d’années avant Bajazet, au moment de la Fronde ; l’Osman de Tristan L’Hermite en 1647 et le Tamerlan de Jean Magnon en 1648 ont été les derniers exemples du genre avant que Racine ne le réactive.

Les répliques de la pièce sont partagées entre sept personnages, qui sont présentés ainsi par l’auteur :

Bajazet, qui donne son nom à la pièce, n’est pas le personnage qui intervient le plus : il est absent des actes I et IV et est amplement devancé par Roxane, Atalide et Acomat en nombre de vers comme en nombre de répliques :

Outre ces personnages physiquement présents sur scène, deux autres noms reviennent au cours de la tragédie :

« Orcan, le plus fidèle à servir ses desseins,
Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains. »

— 
Acte III, scène 8, v. 1103-1104.

Seuls Amurat et Bajazet sont nommés d’après des personnages historiques avérés : le premier est inspiré du sultan Mourad IV, le second de son frère Bajazet ou Bayezid. Les autres noms sont de l’invention du dramaturge ou ont été empruntés à d’autres figures de l’Empire ottoman, tel Orcan, nom d’un autre frère du sultan Mourad.

Racine situe la scène « à Constantinople, autrement dite Byzance, dans le sérail du Grand-Seigneur ».

Osmin annonce au grand vizir Acomat que le sultan Amurat, parti livrer bataille aux Persans, semble sur le point d’abandonner le siège de « Babylone » (Bagdad). Acomat songe à profiter de cet échec pour encourager les janissaires à se révolter et remplacer le sultan par son frère Bajazet. Il a déjà refusé d’obéir à Amurat et de faire exécuter ce frère. Acomat croit que Bajazet et Roxane, favorite d’Amurat, sont amoureux l’un de l’autre et il voudrait s’appuyer sur eux tout en épousant lui-même la princesse Atalide. En réalité, Bajazet est amoureux de cette même Atalide ; c’est pour obtenir le trône qu’il fait semblant de répondre à la passion de Roxane.

Roxane veut épouser Bajazet et le faire sultan à la place de son frère Amurat, mais celui-ci résiste à ses demandes malgré la menace qui plane sur lui. Le grand vizir Acomat tente de le persuader d’accepter, en vain. Il demande alors à la princesse Atalide, amoureuse de Bajazet depuis l’enfance, de faire de même. Celle-ci semble résignée à laisser Bajazet à Roxane pour qu’il ait la vie sauve, et elle implore donc son amant de faire semblant d’aimer la sultane et de l’épouser. Bajazet, toujours réticent playing goalie in soccer, accepte malgré tout de feindre, mais hésite sur le discours à tenir à la sultane.

Bajazet s’est réconcilié avec Roxane. Atalide l’apprend par son esclave Zaïre et songe à mourir, ayant sauvé l’homme qu’elle aime. Elle commence à prendre pour vrai l’amour feint de Bajazet pour Roxane et reçoit dans le même temps les avances du vizir Acomat, qui veut l’épouser en récompense de son aide. Bajazet vient toutefois expliquer à Atalide qu’il n’a fait que de vagues promesses à Roxane. Celle-ci survient et, devant la froideur de Bajazet, commence à deviner sa liaison avec Atalide :

« De tout ce que je vois nathan stainless steel water bottle, que faut-il que je pense ?
Tous deux à me tromper sont-ils d’intelligence ?
Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ ?
N’ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ? »

Apprenant de Zatime l’arrivée du terrible Orcan, l’envoyé d’Amurat chargé d’éliminer Bajazet, Roxane comprend qu’elle doit trancher rapidement. La moindre preuve d’une liaison entre Bajazet et Atalide signera la perte du prince :

« Ils ont beau se cacher. L’amour le plus discret
Laisse par quelque marque échapper son secret. »

Atalide reçoit une lettre de Bajazet, qui l’aime encore et dit vouloir continuer à feindre. Roxane, décidée à éclaircir la vérité, met à l’épreuve Atalide en lui apprenant la victoire d’Amurat au siège de Babylone et la mort prochaine de Bajazet. Atalide s’évanouit et Zatime découvre en lui portant secours la lettre de Bajazet. Elle l’apporte à sa maîtresse la sultane, qui comprend en la lisant qu’elle a été trahie. Les preuves accablantes qu’elle vient d’obtenir la décident à faire exécuter Bajazet. Le vizir Acomat, qui jusque-là complotait avec Roxane et Bajazet, décide d’agir désormais sans eux.

Atalide ne trouve plus la lettre de son amant et comprend que la sultane l’a lue. Au cours d’une dernière entrevue entre Roxane et Bajazet, le prince avoue aimer Atalide, mais Roxane lui laisse une dernière chance : elle lui demande de l’épouser le jour même et d’assister à la mise à mort d’Atalide. Bajazet refuse et demande à Roxane d’épargner son amante, innocente selon lui. Roxane le congédie. Atalide propose de se sacrifier pour que Bajazet ait la vie sauve.

Sur ces entrefaites arrive Acomat et la moitié de ses soldats, qui cherchent Bajazet pour le faire monter sur le trône. On apprend de Zaïre que Roxane a été poignardée par Orcan sur ordre d’Amurat : le sultan était informé de la trahison de sa favorite. Osmin, qui menait l’autre moitié des hommes d’Acomat, annonce que Bajazet a lui aussi été tué, après une résistance héroïque face à de nombreux soldats. Osmin et ses hommes l’ont vengé en mettant à mort Orcan. Acomat propose à Atalide de partir pour « quelque autre contrée », mais la princesse, rongée par le désespoir et le remords, se donne la mort sur scène.

Racine évoque ses sources dans ses deux préfaces, celle de 1672 et celle de 1676. Il dit tenir les circonstances de la mort de Bajazet d’un récit de seconde main de son ami le chevalier de Nantouillet, qui avait entendu les confidences de Philippe de Harlay, comte de Cézy, ancien ambassadeur de France auprès de l’Empire ottoman. Les archives des affaires étrangères ont conservé les dépêches envoyées par Cézy à l’époque de son ambassade, dont celle du qui raconte en détail l’exécution de Bajazet et d’un autre frère du sultan Mourad, Soliman, alors que Constantinople était occupée à fêter la prise d’Erevan par l’armée ottomane (la capture de Bagdad ne date que de 1638). Une autre dépêche du diplomate, datée du , évoque en outre une relation secrète entre Bajazet et une favorite de la sultane validé Kösem, mère de Mourad IV :

« Le prince Bajazet, que la sultane aimait chèrement bien que fils d’une autre femme, devint amoureux d’une belle fille favorite de ladite sultane, et la vit de si près qu’elle se trouva grosse, ce que la sultane voulut tenir si secret que le Grand Seigneur n’en a jamais rien su. »

Racine a en outre bénéficié des lumières d’un autre ambassadeur fraîchement revenu de Constantinople, Jean de La Haye-Vantelet, dont le père avait succédé au comte de Cézy au même poste.

Le dramaturge affirme être resté fidèle à l’histoire et aux coutumes des Turcs, et dit avoir consulté la récente traduction française de l’Histoire de l’état présent de l’Empire ottoman de l’Anglais Paul Rycaut (1668, traduit par Pierre Briot dès 1670).

La critique a également relevé de grandes similitudes entre l’intrigue de Bajazet et celle de Floridon ou l’amour imprudent, la dernière des Nouvelles Françaises de Jean Regnault de Segrais (1656). Bien que Racine ne dise rien de cette source, il semble probable à la plupart des commentateurs qu’il en ait eu connaissance ; la nouvelle tourne autour du même épisode historique raconté par le comte de Cézy et du même triangle amoureux, qu’elle infléchit toutefois « vers un romanesque galant ». Le romaniste Pierre Martino a avancé la thèse, au début du XXe siècle, que Racine ne s’était pas inspiré de Segrais, sans toutefois convaincre des spécialistes plus récents comme Harriet Stone . Pour expliquer pourquoi Racine n’évoque pas Floridon parmi ses sources, Jean Rohou avance entre autres l’idée que le dramaturge ne pouvait pas s’abaisser à « reconnaître une dette envers un écrivain et un genre inférieurs », et le fait que Segrais ait été l’auteur d’un roman inachevé sur la reine Bérénice avant sa rencontre avec Titus, « sujet scabreux sur lequel Racine ne tenait nullement à attirer l’attention ».

Dans la nouvelle de Segrais, la sultane est encore clairement identifiable à Kösem, puisqu’elle est la mère du sultan et non sa favorite comme chez Racine, mais elle est amoureuse de Bajazet, ce que l’ambassadeur à l’origine de cette histoire n’a jamais avancé : Floridon aurait ainsi contribué à un « travail de contamination » de « la source principale » fournie par le comte de Cézy.

Des spécialistes comme Georges Forestier entrevoient une autre influence littéraire derrière la tragédie de Racine, par-delà la nouvelle de Segrais : l’épisode d’Arsacé dans Théagène et Chariclée ou Les Éthiopiques de l’écrivain grec antique Héliodore (IIIe ou IVe siècle), qui met en scène un même triangle sentimental impliquant un couple d’amants et une reine épouse d’un souverain parti en guerre. En outre, d’après Valincour, Racine adolescent aurait appris par cœur ce roman en grec à Port-Royal, après se l’être fait confisquer deux fois par le sacristain Lancelot. Jean Rohou, de son côté, refuse toutefois de conclure avec certitude que Les Éthiopiques aient influencé Racine dans Bajazet et ses autres tragédies : « Racine avait-il besoin d’Héliodore pour anoblir l’esclave que la sultane de Segrais prend pour confidente, ou pour rendre l’amour des jeunes gens [Atalide et Bajazet] bien antérieur à la passion de Roxane ? »

Bajazet est l’une des cinq tragédies de Jean Racine qui ne sont pas composées que d’alexandrins à rimes plates : trois brefs passages sont en effet des extraits de lettres de Bajazet ou d’Amurat contenant des vers de longueur variable à rimes croisées.

« Il peut l’avoir écrit sans m’avoir offensée,
Il peut même… Lisons, et voyons sa pensée.
Ni la mort, ni vous-même,
Ne me ferez jamais prononcer que je l’aime,
Puisque jamais je n’aimerai que vous.
Ah ! de la trahison me voilà donc instruite. »

— Bajazet, acte IV, scène 5, v. 1265-1270.

Au total, la pièce compte 1 749 vers dont 1 742 alexandrins, 5 décasyllabes, un octosyllabe et un hexasyllabe. Il s’agit de la seule pièce de Racine ayant un nombre impair de vers : c’est l’acte IV et l’extrait de lettre cité ci-dessus qui sont en cause ; le vers 1 269 ne rime avec aucun autre.

Georges Forestier voit dans Bajazet une variation sur la « structure tragique fondamentale » des frères ennemis, après La Thébaïde et Britannicus, et « l’une des plus raciniennes des tragédies de Racine », en ce qu’elle reprend des composantes esthétiques qui apparaissent isolément dans les pièces précédentes. D’une manière générale, la tragédie repose sur une intrigue qui mêle amour et politique, où s’affrontent les passions du cœur et les enjeux du pouvoir. Jean Rohou citant Raymond Picard convient cependant que ces deux plans, celui des sentiments et celui du pouvoir, sont à l’origine « parfaitement étrangers » dans la pièce : « la politique est absurde aux yeux de l’amour, et l’amour est absurde aux yeux de la politique » ; seulement, « chacun détermine l’autre de façon incompréhensible et cruelle ». Si les deux grandes thématiques peuvent être exposées séparément dans un premier temps, il convient donc ensuite de voir l’unité qu’elles forment au sein du lieu clos emblématique de la condition tragique qu’est le sérail tel que décrit par Roland Barthes ou Alain Grosrichard.

La situation de départ est le projet de complot ourdi par le grand vizir Acomat en l’absence du sultan ottoman Amurat (inspiré de Mourad IV), occupé à maintenir un siège contre les Perses à Babylone. L’autorité du sultan sur Byzance, capitale de l’empire, semble incertaine ; son départ à la guerre a remis en cause l’équilibre de l’État. Il est notamment question de la fidélité des janissaires, corps d’élite de l’infanterie ottomane, au souverain Amurat.

La pièce fut créée le 1er ou le au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne et tint l’affiche environ deux mois, soit moins de vingt-cinq représentations, avant d’être remplacée par l’Ariane de Thomas Corneille. La distribution était la suivante :

Des doutes subsistent quant à l’attribution des rôles d’Atalide et Roxane : une tradition reprise par les frères Claude et François Parfaict veut que Racine ait hésité lors des répétitions entre la Champmeslé et la d’Ennebaut pour ces deux rôles féminins, mais Georges Forestier expose un faisceau d’indices laissant penser que Mlle de Champmeslé n’a jamais joué qu’Atalide durant toute sa carrière.

Bajazet a été représentée 564 fois de 1680, année de la création de la Comédie-Française, à 1997, ce qui en faisait à cette date la septième tragédie de Racine la plus représentée, devant Bérénice, Esther, La Thébaïde et Alexandre le Grand.

La pièce a suivi les différents déplacements de la troupe au fil des décennies : elle est ainsi jouée au théâtre de Guénégaud dès 1680, lors de la fusion avec l’Hôtel de Bourgogne qui donne naissance à la Comédie-Française, puis tous les ans jusqu’en 1685. Elle est reprise au moins en 1701, 1721, 1731, et 1734 à la salle des Fossés-Saint-Germain, les Comédiens-Français ayant été expulsés de l’hôtel de Guénégaud en 1687. La troupe joue Bajazet à la salle des Machines des Tuileries au moins en 1774, puis à de nombreuses reprises au théâtre de la Nation (devenu théâtre de l’Odéon en 1796) de 1789 à 1798. La troupe reconstituée se fixe ensuite à la salle Richelieu du Palais-Royal en 1799, où Bajazet continue d’être jouée régulièrement jusqu’à la fin du XXe siècle.

Les reprises régulières de la pièce au Français font souvent appel à des acteurs de premier plan à leurs époques respectives :

La tragédie Bajazet a en outre fait l’objet d’au moins trois réalisations pour la télévision française :

Le personnage de Bajazet dans l’opéra du même nom de Vivaldi et dans le Tamerlano de Haendel n’est pas le même que le protagoniste de Racine : il s’agit du sultan ottoman Bayezid Ier, un de ses lointains ancêtres cheap football uniforms.

Du vivant de Racine, Bajazet fait l’objet de plusieurs éditions qui diffèrent de manière marginale :

Après la mort de Racine, Bajazet fait l’objet, comme ses autres pièces, de rééditions régulières au fil des décennies. La banque de données de la Bibliothèque nationale de France en recense plusieurs dizaines, soit au sein des œuvres complètes de l’auteur, soit comme pièce publiée séparément.

Parmi les éditions de référence aujourd’hui, on retrouve Bajazet dans les différentes versions des œuvres complètes de Racine proposées par la Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard :

Bajazet a été traduit à plusieurs reprises en anglais :

Sur les autres projets Wikimedia :

Eustache Marcadé

Eustache Marcadé ou Eustache Mercadé, né en Artois à une date inconnue, mort en 1440, est l’auteur présumé de l’un des premiers mystères français connus à ce jour.

Il est prévôt de Dampierre, official de l’abbaye de Corbie à partir de 1414, puis doyen de la Faculté de Décret, ancêtre de la Faculté de droit de Paris.

On lui attribue Le Mystère de la Passion, appelé communément la Passion d’Arras, dont on sait qu’il a été joué à Arras vers 1420-1430 et à Metz en 1437. Ce mystère compte 24 944 octosyllabes et se déroule en quatre journées. On y voit en prologue le « procès du Paradis » où Dieu entend les témoignages de la Justice et de la Miséricorde sur les méfaits de Satan dans le monde. Dieu décide alors d’y envoyer son fils pour le rachat de l’humanité. Les trois premières journées sont consacrées à la vie de Jésus sur terre, de la naissance à la passion. Lors de la quatrième journée bpa free glass water bottles, il remonte au ciel pour rendre compte de son œuvre de rédemption football uniforms for sale.

On retrouve par la suite le thème du « procès du Paradis » dans d’autres mystères tel que Le Mystère de la passion d’Arnoul Gréban. Le manuscrit de la Passion d’Arras contient un autre mystère inédit, La Vengeance Jésus-Christ, également attribué à Eustache Marcadé.

Le Mystère de la Passion, texte du manuscrit 697 de la Bibliothèque d’Arras, a été reproduit en facsimilé par la Société du Pas-de-Calais en 1891, puis par Slatkine, Genève, en 1976 nathan stainless steel water bottle. On en trouve également des extraits dans Miracles et mystères : la littérature religieuse au nord de la France, publié à Troesnes en 1989.